Série « Aux sources du curry japonais » — Article n°8
C’est LA question qu’on nous pose le plus souvent au restaurant : « c’est fort, votre curry ? » Et la réponse mérite mieux qu’un oui ou un non, parce qu’elle repose sur une distinction que la langue française confond trop souvent : épicé n’est pas pimenté.
Épicé ≠ pimenté : la nuance qui change tout
« Épicé » veut dire riche en épices — donc en arômes : cumin, coriandre, curcuma, cardamome, cannelle… Aucune de ces épices ne brûle. « Pimenté », en revanche, désigne la sensation de chaleur provoquée par la capsaïcine du piment. Un plat peut donc être intensément épicé et très peu pimenté. C’est exactement le cas du curry japonais.
Mon premier kare à Tokyo
Je me souviens précisément de mon premier vrai curry japonais, dégusté à Tokyo en 2019. N’allez pas croire que c’était violent : c’était relevé, légèrement pimenté certes, mais surtout immensément épicé. Dans cette sauce presque noire, liée et brillante comme une demi-glace française, je percevais 8… 10… presque 20 épices différentes, parfaitement équilibrées. C’est ça, la signature du curry japonais : la profondeur aromatique avant le feu.
Un plat pensé pour toute la famille
N’oublions pas que le curry est servi dans les cantines scolaires japonaises depuis 1948 : c’est un plat d’enfance, de famille, de réconfort. L’industrie l’a bien compris : dès 1963, le Vermont Curry — aux pommes et au miel — a été créé spécialement pour les palais les plus doux. Et depuis la toute première poudre de curry commercialisée au XVIIIe siècle, le curry se décline sur une échelle allant du plus doux au plus fort : chacun choisit son niveau.
Et pour les amateurs de sensations ?
Rassurez-vous, le feu existe aussi ! Le piment de Cayenne fait partie du quatuor d’épices de base, et certains chefs — je pense à la cheffe Eri Saito du restaurant Roka à Tokyo — servent des currys parmi les plats les plus pimentés que j’aie jamais goûtés. À la maison, il suffit d’ajuster la dose de piment, ou de relever son assiette au shichimi tōgarashi, au yuzu kosho ou à l’huile ra-yu.
Chez French Karé, nous avons choisi la voie de l’équilibre : une sauce chaude mais pas brûlante, piquante mais jamais anesthésiante — pour que les arômes des épices restent les vraies stars de l’assiette.
→ À lire aussi : FAQ : tout savoir sur le curry japonais · Les épices du curry japonais
Pour aller plus loin
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Venez goûter le vrai curry japonais à Paris
French Karé — 10 rue de Port-Mahon, 75002 Paris (métro Opéra).
Horaires et infos pratiques : frenchkare.fr/nous-trouver